L'éclat de la peinture à la tempera

Plaisir d'une technique millénaire où la main doit conserver la maîtrise pour unifier les fonds sur la planche puis donner et apporter un éclat très particulièr aux tableaux. Nancy - Lorraine - France.

15 juin 2008

4 moments forts jusqu'à fin 2008 ...

- Une exposition en Aout 2008 : après l'"Eternel féminin" en photographie (voir l'article sur l'exposition de décembre 2007)  je dévoilerai mes tableaux sur l'Eternel Féminin (tempéras et icônes).

- Une exposition de quelques oeuvres choisies, à Metz en septembre 2008 où sera préfiguré son travail sur les photos et la peinture.

- Une visite d'atelier en octobre 2008 dans le cadre des 4èmes Journées des Métiers d'Art

- Une exposition en décembre 2008 de l'ensemble de mon travail photographie, tempéra et icônes où vous découvrirez ma démarche sur mes autoportraits, mes sentiments et ma vision de la spiritualité païenne.

Des informations plus précises   > ici < .

DSCF1902__  icon183_760aaa   corsetée - Marc Lacour  icon176_Ste710aaaa icon173_lapause683____  Icon_Rage676__  icon174_femmepriant695___ icon171_viergebleue_674__  icon170_femmechaus_630__   que me voulez-vous ? - Yves Schmidt

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04 juin 2008

Mon travail sur "l'identité" : les portaits de Fayoum

Depuis maintenant 6 mois, j'avance dans ma démarche artistique.
Celle-ci est difficile car il s'agit d'une découverte de soi.

A ce titre, j'ai toujours eu une grande admiration devant des oeuvres très particulières que sont les portraits de Fayoum.

En voici deux exemplaires :

arton12_1_    fayoum_homme_philadelpie_2_1_

En voici le contexte historique

Le Fayoum est une dépression particulièrement fertile située à une soixantaine de kilomètres au sud du Caire, sur la rive ouest du Nil. La région qui bénéficiait de la présence d’un lac naturel, aux limites retranchées aujourd’hui, et des inondations annuelles du Nil était surnommée "le Jardin de l’Egypte".

En 322 avant J.-C., l’Egypte conquise par Alexandre le Grand passe alors sous la domination grecque. Pendant plus de trois cent ans elle devient une colonie gréco-macédonienne,
Les Ptolémées, s’installent et règne sur le pays dont Alexandrie devient la capitale. Beaucoup de terres fertiles du Fayoum sont données aux combattants grecs victorieux en récompense de leurs services. Une société cosmopolite d’immigrants et de populations indigènes se met en place pour atteindre son point culminant au IIe siècle après J.-C.

C'est dans ce cadre historique qu'ont été peintes ces tempéras exceptionnelles dont seulement quelques exemplaires dans un état pour ainsi dire parfait, ont été retrouvées dans des tombes, petits tableaux révélant l'identité des morts (momies à portrait d’homme femme ou enfant).

Ces oeuvres sont constitués en majorité de panneaux de bois de très faibles épaisseurs autour de 2 millimètres. Plusieurs hypothèses peuvent expliquer cette minceur : le panneau s’incurve plus facilement et s’adapte alors à la forme du haut du corps lorsqu’il est placé sur la momie. La deuxième hypothèse est la rareté du bois en Egypte et donc son prix élevé. Parmi les bois, le figuier sycomore est le plus largement employé, c’est aussi le plus répandu dans cette région du Fayoum. Le cyprès, le cèdre, le pin ou le tilleul sont plus rarement utilisés. Le format moyen des panneaux présente une hauteur de 35 centimètres pour une largeur de 18 centimètres

Et voici une partie d'une de mes dernières tempéras.

Cet auto portrait est peint sur du tilleul.

blog_fayoumpdfaa  ©angélique - photo : w. ropp - 02/2008
tempéra sur bois 25x18 cm - .

Voici ce que je peux dire de cette oeuvre qui est créé en plusieurs étapes (photographique puis graphique puis peinture) que vous pourrez mettre en parallèle avec mon dernier interview sur FranceBleu par Philippe Heinen  Logo_FrancBlSudLorr2  (cliquez  > ici < ) :

J'ai bien entendu utiliser des pigments anciens et parfois de l'or.
Je l'ai peinte en utilisant la technique à la tempera allant du foncé au clair.
Ce visage me fait penser au cadrage le plus courant d'un Photomaton.
Pourtant, je l'ai peint selon la tradition grecque ancienne.
A cette époque reculée, les portraits de Fayoum représentaient des hommes, des femmes et des enfants, vus de face ou de trois quarts en utilisant cette technique.
Lorsque j'ai peint mon portrait, je me suis soumise à mon regard.
Un regard qui parle incontestablement...
Un regard concentré sur ma vie que je sais que je vais perdre un jour mais que j'immortalise grâce à mes pinceaux et à mes pigments !
J'imagine que des personnes, un jour, se trouveront en face du silence de mon visage à la détrempe, qu'elles s'arrêteront  interdites devant mon image de femme qui ne lance aucune parole, qui reste muette, mais qui déclare qu'elle est en vie et que toutes les personnes qui me regardent le sont aussi !
Dans un souffle de lumière et d'ombre, avec un sentiment d'éternité, je redonne, témoigne et fixe  la vie  ...

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